La méthode
Le calcul part d’un terme source : débit, durée, hauteur et nature du rejet (gaz, aérosol, vapeur d’une flaque). Il combine ce terme source à des conditions météorologiques — vitesse et direction du vent, classe de stabilité atmosphérique de Pasquill, rugosité du sol — pour estimer comment le nuage se dilue en s’éloignant de la source.
Le modèle de panache gaussien est le plus répandu : il suppose une distribution normale de la concentration dans les directions transversale et verticale au vent, avec un étalement (σy, σz) qui croît avec la distance et dépend de la stabilité atmosphérique. Il convient aux rejets continus de gaz plus légers ou proches de la densité de l’air.
Quand le nuage est plus dense que l’air (gaz froid, forte masse molaire, aérosol), il se comporte différemment : il s’étale près du sol au lieu de se disperser verticalement. Des modèles de gaz lourd (comme DEGADIS) traitent ce cas, non couvert par le panache gaussien seul. Le résultat final est une distance ou un périmètre pour chaque seuil de toxicité retenu (AEGL, ERPG, seuils réglementaires français), tracé sous le vent depuis la source.
Quand l’utiliser
- Étude de dangers d’une installation stockant ou utilisant des substances toxiques ou inflammables (Seveso, ICPE).
- Préparation d’un plan d’urgence : estimer par avance les zones à évacuer ou mettre à l’abri selon un scénario de rejet.
- Formation et sensibilisation aux effets d’un rejet accidentel, pour comprendre l’influence du vent et de la stabilité.
Points d’attention
- Le choix de la classe de stabilité change fortement le résultat : une atmosphère stable disperse peu et donne des distances plus longues qu’une atmosphère instable.
- Un modèle de panache gaussien appliqué à un gaz lourd sous-estime la zone dangereuse près du sol.
- Les seuils de toxicité utilisés (AEGL, ERPG, seuils français) doivent être cités avec leur source ; ils ne sont pas interchangeables sans précaution.
- Un modèle de dispersion, aussi soigné soit-il, reste une approximation : un outil non validé contre un code de référence ne doit pas servir à une décision réelle.
Étapes
- Caractériser le rejet : substance, débit ou masse totale, durée, hauteur, température.
- Choisir les conditions météorologiques du scénario (vitesse et direction du vent, classe de stabilité) — souvent plusieurs jeux, du plus défavorable au plus fréquent.
- Déterminer si le nuage doit être traité en gaz léger (panache gaussien) ou en gaz lourd, selon sa densité par rapport à l’air.
- Calculer la concentration en fonction de la distance et la comparer aux seuils de toxicité retenus.
- Tracer le périmètre correspondant à chaque seuil, et le reporter sur une carte si nécessaire.
Logiciels de dispersion atmosphérique
Liste issue du catalogue Aurorisk, liens contrôlés le 2026-09-26. Les accès gratuits établis sont listés en premier ; les informations inconnues sont indiquées.
| Outil | Source · licence · accès | Portée | Description |
|---|---|---|---|
| Aurorisk — dispersion | Gratuit pour l’enseignement | France | Outil pédagogique : panache gaussien, sources de rejet et seuils de toxicité, avec carte. Comparé à ALOHA sur des cas de référence, mais non validé pour une étude réelle. |
| RMP*Comp (EPA) ↗ | Organisme publicGratuit | États-Unis | Distances aux seuils pour les études de dangers américaines. |
| EFFECTS (Gexcon) ↗ | Éditeur commercial | Europe | Modèles d’effets basés sur le Yellow Book du TNO. |
| FLACS (Gexcon) ↗ | Éditeur commercial | Europe | Simulation CFD de dispersion et d’explosion. |
| Phast (DNV) ↗ | Éditeur commercial | International | Analyse des conséquences (rejet, dispersion, feux, explosions). |
Normes et références
- CCPS — Guidelines for Chemical Process Quantitative Risk Analysis
- TNO — Yellow Book (CPR 14E)
- Arrêté du 29 septembre 2005 (France) — probabilité, gravité, cinétique